Gestion de la distribution physique et digitale
description de la gestion de la distribution physique et digitale

LA DISTRIBUTION PHYSIQUE
La distribution physique concerne la mise en vente d'œuvres musicales dans des magasins tels que les grandes surfaces, enseignes culturelles et disquaires. Toutefois, le nombre de distributeurs physiques a considérablement diminué ces dernières années en raison de l'émergence du numérique.
Les supports CD et vinyles restent néanmoins des objets qui s’avèreront stratégiquement utiles :
- Ils peuvent être une belle carte de visite à laisser à un professionnel
- Ils permettent au spectateur de garder un souvenir du concert
- Le vinyle séduit les collectionneurs et intègre les mallettes des DJ
- Le vinyle peut également faire office de support promotionnel à envoyer à des structures sous-éditant les œuvres à l’étranger et à des journalistes qui pourraient relayer la sortie du projet

LA DISTRIBUTION NUMERIQUE
La distribution numérique est l’adaptation de la version physique, avec les usages et contraintes d’Internet. Les « magasins » de la distribution numérique sont les plateformes de vente et/ou de streaming (Spotify, Deezer, Tidal, Apple music, etc.). Avec l'arrivée de la distribution numérique, tout a changé, puisqu'en 2015 les ventes numériques ont dépassé les ventes physiques. L’offre de distribution numérique a explosé, à tel point qu’on en distingue 2 types :
Les distributeurs numériques, qui comme les distributeurs physiques, défendent leur catalogue d’artistes auprès des plateformes en ligne, et ont une vraie valeur ajoutée en marketing. Ces dernières années ils travaillent principalement en direct avec des labels.
Les agrégateurs, qui distribuent toutes les musiques sans sélection, mais qui se contentent de la phase technique, sans miser sur le potentiel succès de certains enregistrements. Ils émanent d’une demande de mise en ligne toujours plus grande, que les distributeurs numériques ne pouvaient plus supporter. Ils travaillent donc autant avec les labels qu’avec les artistes autoproduits.
Pour la distribution d'un premier enregistrement, il faudra choisir la meilleur offre d’agrégateur, en prenant en compte divers critères :
- Les nombreux tarifs : le prix, qui peut varier en fonction du nombre de titres, d’albums ; les frais annexes (mise en ligne, abonnement annuel, etc.).
- Le temps de validité de la mise en ligne.
- Une éventuelle commission prélevée sur les revenus des ventes et des streams.
- Le seuil de versement, c’est à dire le montant de revenu qu’il faut atteindre pour que les revenus soient reversés à l’artiste.
- La gestion des droits d’auteur et droits voisins depuis le site de l’agrégateur.
- Une spécificité en fonction d’un style musical : il est par exemple conseillé lorsqu’on fait de l’électro, de vérifier que sa musique sera bien disponible sur Beatport.com.

LE CONTRAT DE DISTRIBUTION
Un accord de distribution autorise le distributeur le à vendre les enregistrements (CD, vinyle, cassettes). Il pourra être exclusif ou réservé à certains territoires (pays). Il pourra aussi stipuler des canaux ou des réseaux de distribution spécifiques (spécialisés, grandes surfaces, physique ou numérique, certains formats uniquement (le CD mais pas le vinyle), etc). Le contrat est signé pour une durée définie, et reconductible, avec un préavis de dénonciation en fin de période laissant au distributeur le temps d'écouler ses stocks (ou stipulant que les stocks impayés reviennent au producteur).
Frais et commission : Le distributeur se paye sur un pourcentage négocié au contrat : entre 15% et 30% du PGHT. Des frais de promotions et autres services annexes peuvent être inclut dans ce pourcentage (qui sera alors plus élevé) ou être facturé à part, à la prestation.
Le distributeur n'achète pas les stocks du producteur (ou de l'éditeur phono) : il règlera régulièrement selon les ventes.

LE PRIX DE VENTE : PVD / PGHT / PPC
Pour comprendre sa marge ou ses revenus en royauté sur une production disque, il faut prendre en compte les différentes dénominations et significations de prix utilisés :
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Coût de revient ou CR : Le coût de revient est l'investissement du producteur ou de l'éditeur phono au prorata d'un disque produit. Il est important de savoir combien a coûté un exemplaire en fabrication, voir en production globale (frais d'enregistrement paye des artistes, etc) afin d'en déterminer le prix de vente.
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Prix de vente au distributeur PVD : A priori négocié en hors-taxe c'est le prix d'achat d'un disque par le distributeur au producteur ou à l'éditeur phono licencié. PVD-CR = marge du producteur/éditeur sur un disque. Ce prix va impacter directement le Prix Public de Vente en TTC en magasin.
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Prix de Gros Hors-taxe ou PGHT : Notion particulièrement importante : le PGHT est la base de calcul et de négociation des royautés dans les contrats d'artiste, de licence, etc. Ce prix "distributeur" de revente en gros est exprimé hors-taxe et destiné aux disquaires qui s'approvisionnent chez le distributeur.
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Prix Public Conseillé ou Prix de Vente TTC : Le prix de vente aux fans chez le disquaire est exprimé en TTC. Il faut donc rajouter au PGHT environ 30% de marge pour le disquaire et 20% de TVA payée par le client final.
Ainsi un disque qui a couté 3€ HT à produire et qui est vendu 6€ HT au distributeur (50% de marge pour le producteur-éditeur) sera revendu 10€ en PGHT aux disquaires qui le vendront en magasin environ 16€ TTC.
LA DEMANDE D’AUTORISATION SDRM
Quand on presse des disques soi-même ou via un fabricant on doit régler la redevance SDRM.
La SDRM est la Société pour l’administration du Droit de Reproduction Mécanique des auteurs, compositeurs, éditeurs, et réalisateurs. En gros, toutes les œuvres musicales reproduites sur un support (CD, vinyle…) donnent lieu à règlement de la redevance SDRM, si les œuvres sont déclarées à la SACEM. Si vous en êtes l’auteur, vous récupérerez ces droits ensuite, moins les frais de gestion de la SACEM. À noter que la perception du droit de reproduction existe également pour les ventes en ligne, mais elle est opérée directement auprès des plateformes. Vous n’avez donc pas à gérer de demande d’autorisation pour cette forme d’exploitation.
Revenons donc aux supports physiques. La SDRM fait la distinction de l’objectif de votre pressage, promo ou vente. Tout cela est très bien expliqué sur le site https://sdrm.sacem.fr .
A titre d’exemple :
- pour chaque CD LP vendu, il faudra régler 7,40 % du prix de vente au détail de chaque exemplaire, ou a minima 0,4955 € de SDRM.
- pour chaque CD LP offert (promo), il faudra régler le minimum, soit 0,4955 € de SDRM.
- pour 1000 CD LP pressés, dont 500 vendus 10 € pièce, et 500 offerts gratuitement, vous devrez régler 500 x 0,074 x 10+ 500 x 0,4995 = 370+249,75= 619,75 € de SDRM.
- pour 1000 CD LP pressés, dont 500 vendus 5 € pièce, et 500 offerts gratuitement, tout sera au tarif minimum, soit 500 x 0,4995 + 500 x 0,4995 = 499,5 € de SDRM.
Attention : si les chansons que vous souhaitez presser sur support CD ou vinyle ne sont pas (encore) déposées à la SACEM, ce qui est souvent le cas des autoproductions, aucun montant de droit d’auteur ne vous sera réclamé : vous devrez demander un numéro de SDRM, mais n’aurez pas de redevance à régler. Intéressant dans le cas d’un 1er CD ! La SDRM notifie alors cette non-perception de redevance en indiquant en face de chaque œuvre la mention « Propriétaire Actuellement Inconnu ». Et vous pourrez déposer vos œuvres à la SACEM par la suite.
Dans le cas où les œuvres musicales reproduites sont déclarées à la SACEM, et que la redevance SDRM s’applique, plusieurs mentions légales sont obligatoires sur le disque, que vous trouverez ici : clients sacem
Pour conclure, sachez que si la plupart des prestataires de pressage respectent l’obligation légale de vous demander un numéro de SDRM. Il arrive que certains ne le demandent pas. Et que personne ne vous le demandera si vous pressez les disques chez vous. En cas de non-respect des droits de l’auteur (articles L. 335-2 et L. 335-3 du Code de la Propriété Intellectuelle), la loi prévoit des peines allant jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 300000 € d’amende pour les particuliers.
L'AUTO-DISTRIBUTION
A défaut de trouver un contrat de distribution, un artiste autoproduit ou un label indépendant peut envisager de prendre en main sa propre distribution.
C'est un lourd travail de logistique et de démarchage, auquel il faut ajouter le prix des livraisons éventuelles de vos stocks. Néanmoins, tisser son propre micro réseau de distribution, qu'il soit local ou ciblé sur une esthétique, est toujours un plus pour la visibilité et la vente de votre album physique.
Il est recommandé de cibler ses efforts sur des points de vente cohérents avec le projet : des disquaires ouverts et intéresses, des commerces locaux dont les clients seront aussi naturellement preneurs de vos productions, des boutiques qui peuvent être éloignées de votre région mais avec genre musical bien marqué qui vous correspond.
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